« Talmont-sur-Gironde : quand s’entrecroisent les traditions orthodoxes et catholiques » Posted on 27 August 2020    0 Comments;

Comme chaque année depuis plus d’un demi-siècle, la liturgie de la fête de la Transfiguration a été célébrée pour les chrétiens orthodoxes à l’église Sainte-Radegonde de Talmont-sur-Gironde.

Cette année, la cérémonie avait revêtu une solennité particulière avec la présence du métropolite Jean (Renneteau) de Doubna, archevêque des Églises Orthodoxes de Tradition Russe en Europe Occidentale (dont le siège est à la cathédrale historique Saint-Alexandre Nevsky, rue Daru à Paris), ainsi que celles du père Alexandre (Brunet), responsable de la paroisse bordelaise, et du père Joseph (Iossif Pavlinciuc) venu de la cathédrale Sainte-Trinité (exarchat du Patriarcat de Moscou) avec un choeur qui a magnifiquement embelli l’office de ses chants.

La tradition de cette célébration avait été initiée à l’origine par Nicolas Ossorguine, chantre titulaire de la paroisse et de l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge (rue de Crimée à Paris) qui disposait d’une « datcha » dans les environs, à Saint-Georges-de-Didonne. Après sa disparition il y a six ans, la tradition avait été maintenue par un ancien paroissien de Saint-Serge, Constantin Davidoff, qui a coutume également de passer ses vacances près de Royan.

Chez les Orthodoxes, la liturgie de la Transfiguration s’achève sur un rite émouvant et lourd de sens : celui de la bénédiction des fruits. Les nations méridionales avaient coutume d’apporter à l’église le raisin, symbole de tous les produits de la terre. Avec le blé, le raisin constitue les « espèces » de l’eucharistie. Les peuples septentrionaux, à défaut de vigne, apportent les pommes, dont le symbolisme n’est pas indifférent : c’est celui de la connaissance du bien et du mal. En Russie, par exemple, les paysans ne mangeaient pas de fruits avant le 6 août, date de la Transfiguration.

Ce jour-là, ils venaient à l’église faire bénir des pommes rouges : le rouge, couleur du sang, symbolise la vie, et comme dans la langue basque, l’adjectif « rouge » en russe signifiait également « beau ». A Talmont, les fidèles avaient apporté pour cette bénédiction autant de pommes que de raisin et quelques autres fruits…

Une église-forteresse face aux Anglais pendant la Guerre de Cent ans

Sans doute étape sur la « voie de Soulac » des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle avant que les pèlerins n’embarquent pour la basilique de Soulac, sur l’autre rive de l’estuaire de la Gironde, cette très belle église romane édifiée sur un éperon rocheux à partir du XIe siècle avait été munie de fortifications conséquentes afin de défendre le village transformé en bastide par le roi d’Angleterre Édouard Ier, duc d’Aquitaine.

Cette redoutable place-forte (dont subsistent quelques pans de remparts et les vestiges d’une tour médiévale, également un petit port où l’on pêchait autrefois l’esturgeon pour son œufs caviar !) revenue en possession des rois de France, Philippe VI l’octroya en 1339 à l’Amiral de France Louis de La Cerda – dit « d’Espagne » – afin qu’il la défendît face à la rive gauche de la Gironde, au pouvoir des Anglais (voyez notre article « Louis de La Cerda, un amiral de France à Talmont », également en rubrique « histoire »).

Quant à la frégate ex-voto du XIXème siècle ornant l’absidiole du croisillon nord de l’église Sainte-Radegonde, elle « joue son rôle » au sein des enquêtes de Séraphin Cantarel – conservateur du patrimoine mué en détective qui avait fait ses premières armes au musée Bonnat à Bayonne – dans le roman « Avis de tempête sur Cordouan » de Jean-Pierre Alaux réédité récemment chez l’éditeur Geste Noir (« La Lettre » du 20 mars dernier).

Christophe Levalois

Soruce: baskulture.com

Comentarii

adaugă Comentariu

Completaţi formularul de mai jos pentru a adăuga un comentariu nou:
* *

Calendar Ortodox

Întreabă preotul

Programul slujbelor

Pelerinaje, Sfințenii

Resurse Ortodoxe

(Română) Arhive

Facebook

Twitter


© 2011 Comunităţile ortodoxe moldoveneşti din Eparhia Corsunului