{"id":11308,"date":"2026-07-09T08:10:31","date_gmt":"2026-07-09T06:10:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/?p=11308"},"modified":"2026-07-09T08:31:41","modified_gmt":"2026-07-09T06:31:41","slug":"replica-ortodoxa-impotriva-eutanasiei-si-a-proiectului-francez-privind-ajutorul-la-moarte-in-franceza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/replica-ortodoxa-impotriva-eutanasiei-si-a-proiectului-francez-privind-ajutorul-la-moarte-in-franceza\/","title":{"rendered":"R\u00e9quisitoire orthodoxe contre l\u2019euthanasie et le projet  fran\u00e7ais d\u2019\u00ab aide \u00e0 mourir \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>LA MORT ADMINISTREE<br \/>\nLa civilisation du soin et la vocation chr\u00e9tienne de l&rsquo;esp\u00e9rance<br \/>\nR\u00e9quisitoire orthodoxe contre l\u2019euthanasie et le projet fran\u00e7ais d\u2019\u00ab aide \u00e0 mourir \u00bb<\/p>\n<p>Introduction g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>\nl\u2019euthanasie comme sympt\u00f4me d\u2019une mutation anthropologique<br \/>\nIl est des moments o\u00f9 une civilisation ne change pas seulement de lois, mais de regard sur l\u2019homme. Elle ne modifie pas seulement son droit positif, elle d\u00e9place silencieusement la<br \/>\nfronti\u00e8re du sacr\u00e9. Elle ne se contente pas d\u2019autoriser un acte nouveau ; elle transforme le vocabulaire m\u00eame par lequel elle nomme la vie, la souffrance, la libert\u00e9, la compassion et la<br \/>\nmort. Tel est le cas du projet contemporain de l\u00e9galisation de l\u2019\u00ab aide \u00e0 mourir \u00bb. Sous une formule douce, presque maternelle, se cache une mutation immense : faire entrer la mort provoqu\u00e9e dans l\u2019ordre des prestations m\u00e9dicales, inscrire l\u2019administration d\u2019un produit l\u00e9tal dans la grammaire du soin, confier \u00e0 la proc\u00e9dure ce qui relevait jusqu\u2019ici de l\u2019interdit fondateur.<br \/>\nLa question n\u2019est donc pas seulement juridique. Elle est m\u00e9taphysique. Elle touche \u00e0 la d\u00e9finition de l\u2019homme, \u00e0 la vocation de la m\u00e9decine, \u00e0 la limite du pouvoir politique, \u00e0 la signification de la souffrance, \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance chr\u00e9tienne et au myst\u00e8re ultime de la mort.<\/p>\n<p>Le contexte fran\u00e7ais rend cette interrogation plus grave encore. La proposition de loi relative au droit \u00e0 l\u2019aide \u00e0 mourir vise \u00e0 cr\u00e9er un droit accessible, sous conditions, aux personnes<br \/>\natteintes d\u2019une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, le S\u00e9nat indique que le texte entend cr\u00e9er un droit \u00e0 l\u2019aide \u00e0 mourir pour des personnes souffrant d\u2019une affection grave et incurable engageant le pronostic vital. Apr\u00e8s une deuxi\u00e8me lecture \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale le 25 f\u00e9vrier 2026, un rejet par le S\u00e9nat le 12 mai 2026, un d\u00e9saccord en commission mixte paritaire et une nouvelle lecture \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, le dossier parlementaire officiel fait \u00e9tat d\u2019un texte adopt\u00e9 le 30 juin 2026.<br \/>\nLe d\u00e9bat public pr\u00e9tend souvent opposer, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la compassion moderne et, de l\u2019autre, une morale religieuse archa\u00efque. Cette opposition est fausse. La tradition orthodoxe ne m\u00e9prise<br \/>\nni la souffrance, ni l\u2019agonie, ni l\u2019angoisse des malades, ni le d\u00e9sarroi des familles. Elle ne parle pas depuis une abstraction froide. Elle parle depuis l\u2019h\u00f4pital, depuis le lit du mourant, depuis la chambre o\u00f9 l\u2019on veille, depuis la pri\u00e8re des larmes, depuis la liturgie des d\u00e9funts, depuis l\u2019exp\u00e9rience pascale de Celui qui a connu la mort sans jamais la b\u00e9nir comme choix. L\u2019\u00c9glise<br \/>\northodoxe ne condamne pas les personnes qui, dans l\u2019\u00e9preuve, demandent la mort. Elle ne condamne pas davantage ceux qui, par trouble, peur ou compassion mal \u00e9clair\u00e9e, croient devoir<br \/>\nsoutenir une telle l\u00e9gislation. Mais elle s\u2019oppose radicalement \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle la soci\u00e9t\u00e9 pourrait transformer l\u2019acte de donner volontairement la mort en geste de soin, en droit subjectif, en r\u00e9ponse institutionnelle \u00e0 la souffrance. Car une chose est d\u2019accompagner celui qui meurt, autre chose est de faire mourir. Une chose est de soulager ; autre chose est de supprimer le souffrant. Une chose est de refuser l\u2019acharnement th\u00e9rapeutique ; autre chose est d\u2019organiser la mort comme issue m\u00e9dicale.<br \/>\nLa tradition orthodoxe tient ensemble trois v\u00e9rit\u00e9s que notre \u00e9poque tend \u00e0 s\u00e9parer.<br \/>\nPremi\u00e8rement, la vie humaine est un don de Dieu, non une propri\u00e9t\u00e9 absolue de l\u2019individu.<br \/>\nDeuxi\u00e8mement, la souffrance n\u2019est jamais un bien en soi, mais elle peut devenir, dans le Christ, un lieu de communion, de purification, d\u2019humilit\u00e9 et d\u2019esp\u00e9rance. Troisi\u00e8mement, la mort<br \/>\ndemeure un ennemi, m\u00eame vaincu par le Christ, elle n\u2019est jamais une vocation, jamais un sacrement, jamais une libert\u00e9 supr\u00eame.<br \/>\nL\u2019euthanasie repose sur une anthropologie de la souverainet\u00e9 individuelle : je serais ma\u00eetre de ma vie parce que je serais propri\u00e9taire de moi-m\u00eame. Or le christianisme orthodoxe<br \/>\naffirme tout autre chose : je ne suis pas propri\u00e9taire de mon \u00eatre, je suis appel\u00e9 \u00e0 le recevoir, \u00e0 le transfigurer, \u00e0 le rendre. \u00ab Nul de nous ne vit pour lui-m\u00eame, et nul ne meurt pour lui-m\u00eame ; car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur \u00bb (Romains 14,7-8). Cette parole paulinienne suffit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 renverser toute philosophie de l\u2019autonomie absolue. Le projet d\u2019\u00ab aide \u00e0 mourir \u00bb appara\u00eet ainsi comme le sympt\u00f4me d\u2019une civilisation qui ne sait plus souffrir parce qu\u2019elle ne sait plus esp\u00e9rer, qui ne sait plus accompagner parce qu\u2019elle veut r\u00e9soudre, qui ne sait plus contempler la personne dans sa faiblesse parce qu\u2019elle identifie la dignit\u00e9 \u00e0 la performance, \u00e0 la conscience claire, \u00e0<br \/>\nl\u2019ind\u00e9pendance fonctionnelle et \u00e0 la ma\u00eetrise de soi. Sous le langage de la compassion peut alors se glisser une violence nouvelle : celle qui dit au malade que sa vie ne vaut plus d\u2019\u00eatre v\u00e9cue<br \/>\nd\u00e8s lors qu\u2019elle est devenue d\u00e9pendante, douloureuse, co\u00fbteuse ou inutile selon les crit\u00e8res du monde. La critique orthodoxe de l\u2019euthanasie n\u2019est donc pas seulement morale. Elle est<br \/>\neschatologique. Elle affirme que l\u2019homme ne se comprend pas \u00e0 partir de sa capacit\u00e9 \u00e0 disposer de lui-m\u00eame, mais \u00e0 partir de son appel \u00e0 la communion avec Dieu. Elle rappelle que la<br \/>\nm\u00e9decine n\u2019est pas institu\u00e9e pour administrer la mort, mais pour servir la vie jusque dans son dernier souffle. Elle proclame que la faiblesse extr\u00eame ne diminue pas la personne : elle la rend au contraire plus myst\u00e9rieusement confi\u00e9e \u00e0 l\u2019amour d\u2019autrui.<\/p>\n<p>Plus de d\u00e9tails:<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/la_mort_administree_michel_romero_solvas_20260701.pdf\">la_mort_administree_michel_romero_solvas_20260701<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA MORT ADMINISTREE<br \/>\nLa civilisation du soin et la vocation chr\u00e9tienne de l&rsquo;esp\u00e9rance<br \/>\nR\u00e9quisitoire orthodoxe contre l\u2019euthanasie et le projet fran\u00e7ais d\u2019\u00ab aide \u00e0 mourir \u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11310,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[1,11,5],"tags":[],"class_list":["post-11308","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-anunturi","category-noutati","category-stiri"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.ortodoxmd.eu\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/unnamed.png?fit=813%2C813&ssl=1","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NLBd-2Wo","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11308"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11313,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11308\/revisions\/11313"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11310"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}