{"id":6694,"date":"2016-12-15T11:37:22","date_gmt":"2016-12-15T09:37:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ortodoxmd.eu\/?p=6694"},"modified":"2016-12-15T11:44:36","modified_gmt":"2016-12-15T09:44:36","slug":"canonizarea-in-biserica-ortodoxa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/canonizarea-in-biserica-ortodoxa\/","title":{"rendered":"Les canonisations dans l\u2019Eglise Orthodoxe"},"content":{"rendered":"<p>Le sujet de ma pr\u00e9sentation d\u2019aujourd\u2019hui est les canonisations dans l\u2019Eglise Orthodoxe.<br \/>\nQue-est-ce que la canonisation ?<br \/>\nLa canonisation est un processus \u00e9tabli par l&rsquo;\u00c9glise catholique et l\u2019\u00c9glise orthodoxe, conduisant \u00e0 la reconnaissance officielle d&rsquo;une personne comme &lsquo;sainte&rsquo;, et propos\u00e9e alors comme mod\u00e8le exemplaire de vie chr\u00e9tienne. Le mot latin Canonizatio signifie  prendre en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale. Donc, c\u2019est ce qui nous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 dans la premi\u00e8re phrase. Apr\u00e8s cette proc\u00e9dure le saint ou la sainte re\u00e7oit une place dans le calendrier liturgique de l&rsquo;\u00c9glise, date \u00e0 laquelle il est liturgiquement comm\u00e9mor\u00e9 et invoqu\u00e9 et on commence \u00e0 composer des hymnes et des chants \u00e0 son honneur.<br \/>\nJe pense que nous pouvons diviser aujourd\u2019hui la pr\u00e9sentation et parler, en premi\u00e8re partie, du processus de canonisation, de l\u2019ordo, des r\u00e8gles n\u00e9cessaires, ainsi que du service liturgique (c\u00e9r\u00e9monie) de la canonisation et, en seconde partie, j\u2019aimerais discuter de la Saintet\u00e9 comme crit\u00e8re essentielle pour la canonisation ou la saintet\u00e9 comme une surprise.<br \/>\nJe n\u2019entrerai pas en d\u00e9tail concernant l\u2019histoire de la canonisation, mais on devrait conna\u00eetre qu\u2019aux premiers temps de l&rsquo;\u00c9glise, tous les fid\u00e8les qui menaient une vie pure et t\u00e9moignaient sa foi devenaient dignes de v\u00e9n\u00e9ration posthume, tels les martyrs, puis les confesseurs de la foi, \u00e9v\u00eaques, empereurs, etc.  Jusqu\u2019au X\u00e8me si\u00e8cle, il n\u2019existe pas dans l\u2019\u00c9glise Orthodoxe et ni Catholique romaine de proc\u00e9dure centralis\u00e9e pour d\u00e9clarer une personne sainte. Le plus souvent, c\u2019est la vox populi qui d\u00e9clare la saintet\u00e9 ; l\u2019\u00e9v\u00eaque du lieu le confirme par des c\u00e9r\u00e9monies solennelles.<br \/>\nCette pratique de l\u2019Eglise ancienne demeura sans changements majeurs dans l\u2019Eglise byzantine : la reconnaissance d\u2019un saint par l\u2019acte officiel d\u2019un concile ou d\u2019un synode ne faisait, dans la plupart des cas, qu\u2019octroyer un caract\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 une v\u00e9n\u00e9ration locale pr\u00e9existante (saint Gr\u00e9goire Palamas, par exemple, fut reconnu comme saint imm\u00e9diatement apr\u00e8s sa mort, \u00e0 Thessalonique, au Mont Athos et \u00e0 Constantinople, sans aucun acte officiel. Ce n\u2019est que huit ans plus tard que le patriarche oecum\u00e9nique fit solennellement proclamer sa saintet\u00e9). Apr\u00e8s la disparition de l\u2019Empire byzantin, la canonisation des saints dans les diff\u00e9rentes Eglises orthodoxes locales garda largement les traits de simplicit\u00e9 et de d\u00e9centralisation qu\u2019elle avait auparavant. Malgr\u00e9 une proc\u00e9dure aussi \u00e9l\u00e9mentaire, les canonisations ne se multipli\u00e8rent gu\u00e8re dans les patriarcats orientaux durant les si\u00e8cles de domination arabe et turque, non seulement en raison d\u2019une \u00ab sensibilit\u00e9 et rigueur de Jugement \u00bb et d\u2019une \u00ab grande attention (de ceux-ci)&rsquo; afin d\u2019\u00e9viter tout arbitraire ou t\u00e9moignage erron\u00e9 \u00bb , mais aussi parce qu\u2019il \u00e9tait impossible de proclamer ouvertement la saintet\u00e9 des n\u00e9o-martyrs du Joug musulman, qui jouissaient d\u2019honneur et cependant de la v\u00e9n\u00e9ration des fid\u00e8les en secret.<br \/>\nUne proc\u00e9dure de canonisation plus ou moins bureaucratique se d\u00e9veloppa sur l\u2019influence de l\u2019Eglise catholique, o\u00f9 il y avait un processus tr\u00e8s clair, tr\u00e8s juridique et scolastique \u00e0 partir du X\u00e8me-XI\u00e8me si\u00e8cles. Cela se produit ainsi : \u00ab apr\u00e8s enqu\u00eate du tribunal dioc\u00e9sain, la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation des Rites, aupr\u00e8s du Vatican, examine les \u00e9crits, paroles et actes du postulant, s\u2019informe de sa r\u00e9putation de saintet\u00e9, de ses vertus, de ses miracles. Si ce premier proc\u00e8s, dit proc\u00e8s apostolique est favorable, la Congr\u00e9gation propose l\u2019introduction de la cause au pape, qui l\u2019accepte en signant un \u00ab bref \u00bb. Un proc\u00e8s de non-culte est ensuite ouvert, puis il est suivi d\u2019un proc\u00e8s sur l\u2019h\u00e9ro\u00efcit\u00e9 des vertus du postulant, qui est r\u00e9examin\u00e9 par la Sacr\u00e9e Congr\u00e9gation \u00bb . En suite, si toutes ces conditions et \u00e9tapes sont favorables, la personne propos\u00e9e est proclam\u00e9e sainte.<br \/>\nAujourd\u2019hui dans la majorit\u00e9 des Eglise Orthodoxe la canonisation d\u2019un saint devrait avoir des crit\u00e8res qu\u2019on retient g\u00e9n\u00e9ralement (l\u2019exploit spirituel du saint, les miracles accomplis par son intercession, l\u2019\u00e9tat de son corps post mortem et la v\u00e9n\u00e9ration populaire). Mais en r\u00e9alit\u00e9, certains saints ont \u00e9t\u00e9 canonis\u00e9s en l\u2019absence de l\u2019un ou l\u2019autre de ces \u00e9l\u00e9ments, mais il est arriv\u00e9 aussi que, pour des raisons particuli\u00e8res, l\u2019Eglise orthodoxe d\u00e9-canonise puis r\u00e9-canonise un saint. (Il y avait plusieurs personnes qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9-canonis\u00e9es pendant les ann\u00e9es 1990-2000. Ce processus concerne les nouveaux martyres. Dans les archives, on a trouv\u00e9 des documents t\u00e9moignant que la tel ou tel personnes d\u00e9j\u00e0 canonis\u00e9es collaboraient avec les organes r\u00e9presseurs, finalement, eux aussi devinrent victime de la syst\u00e8me r\u00e9pressive).<br \/>\nMais, comment ce processus marche dans la pratique ? Pour exemple dans l\u2019Eglise Orthodoxe Russe, il y a une Commission Synodal pour la canonisation des Saints cr\u00e9\u00e9e en 1989, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e9bration du mill\u00e9naire du bapt\u00eame de la Russie Ki\u00e9vienne. Chaque dioc\u00e8se peut pr\u00e9senter \u00e0 la Commission des postulants pour la canonisation. Les membres de la Commission font une recherche concernant la vie, les miracles, le renom, etc. Si toutes ces conditions sont positives le Saint Synode proclame la dignit\u00e9 de la personne pour la canonisation ou la reconnaissance officielle. Le processus se d\u00e9roule ainsi :<br \/>\na) La reconnaissance ou canonisation proprement dit se fait soit dans le dioc\u00e8se ou le saint a v\u00e9cu, soit au si\u00e8ge de l \u2019Eglise-m\u00e8re, et la proclamation solennelle se d\u00e9roule sur le lieu d\u2019inhumation, (\u00e9ventuellement apr\u00e8s translation) ou dans la capitale eccl\u00e9siastique.<br \/>\nb) La c\u00e9r\u00e9monie est pr\u00e9sid\u00e9e par un \u00e9v\u00eaque, souvent, le primat de l\u2019Eglise \u00e0 laquelle le saint appartenait, entour\u00e9 d\u2019autres \u00e9v\u00eaques de la m\u00eame Juridiction ou non.<br \/>\nc)  Apr\u00e8s \u00e9ventuellement un office pour les d\u00e9funts, la lecture publique de l\u2019acte de canonisation et le d\u00e9voilement de l\u2019ic\u00f4ne du nouveau saint, la c\u00e9l\u00e9bration consiste en un service de vigiles en son honneur, suivi d\u2019une Liturgie eucharistique, et d\u2019une procession\\ostention de reliques lorsqu\u2019elles sont disponibles. Il peut aussi y avoir d\u2019autres formes de v\u00e9n\u00e9ration (mol\u00e9ben, acathiste, cantiques de louanges (velitchaniye, marimute).<br \/>\nd) Une date est fix\u00e9e pour la comm\u00e9moration annuelle du saint nouvellement proclam\u00e9. Sa vie, ses offices et ses ic\u00f4nes sont diffus\u00e9s dans l\u2019Eglise.<\/p>\n<p>Voici une explication particuli\u00e8re pour l\u2019office de la canonisation (la c\u00e9r\u00e9monie) :<br \/>\nAu d\u00e9but de la sainte Liturgie, les reliques du\/de la saint\/e sont mis au milieu de l\u2019\u00e9glise comme pendant le service fun\u00e8bre. La liturgie solennelle, \u00e9piscopale, se d\u00e9roule habituellement jusqu\u2019au moment de l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Evangile. Le diacre proclame : Sagesse ! Tenons-nous d\u00e9bout, et \u00e0 ce moment-l\u00e0, seulement le Primat (chef de l\u2019office) avec l\u2019archidiacre se d\u00e9placent pour l\u2019encensement de l\u2019autel pendant que le ch\u0153ur chante \u00ab Venez-adorons\u2026 \u00bb et \u00ab \u03b5\u1f30\u03c2 \u03c0\u03bf\u03bb\u03bb\u1f70 \u1f14\u03c4\u03b7, \u0394\u03ad\u03c3\u03c0\u03bf\u03c4\u03b1 \u00bb.<br \/>\nA la fin de l\u2019encensement, le Primat retourne \u00e0 sa place au milieu de l\u2019Eglise et on commence imm\u00e9diatement litie pour le postulant : (\u00ab Avec les esprits de justes\u2026, Dieu Sauveur, fais reposer l\u2019\u00e2me de ton serviteur\/servante \u00bb, la litanie, l\u2019ecphon\u00e8se et \u00ab Accorde, Seigneur, le sommeil bienheureux, le repos \u00e9ternel, \u00e0 ton\/ta serviteur\/e d\u00e9funt\/e N. et fais qu\u2019il\/elle jouisse de m\u00e9moire \u00e9ternelle \u00bb, \u00ab M\u00e9moire \u00e9ternelle (3 fois) \u00bb. Apr\u00e8s on proc\u00e8de \u00e0 la lecture de la d\u00e9cision du Saint Synode concernant la canonisation ou Tomos de la canonisation et la Vie du Saint\/e. Pendant qu\u2019on lit les textes, on apporte l\u2019ic\u00f4ne du nouveau saint\/e au milieu de l\u2019\u00e9glise. Le choeur commence \u00e0 chanter le tropaire, \u00ab Gloire et Maintenant \u00bb, kondakion et le cantique de louange. Concomitant le Primat \u00e9l\u00e8ve l\u2019ic\u00f4ne et forme avec elle le signe de la croix, en signant les fid\u00e8les. Pendant qu\u2019on chante le cantique de louange, le clerg\u00e9 v\u00e9n\u00e8re les reliques. Le diacre prend la b\u00e9n\u00e9diction pour le chant du Trois-fois-saint, ajoute \u00e0 haute voix : \u00ab Prions le Seigneur \u00bb, le ch\u0153ur : \u00ab Kyrie eleison \u00bb et le c\u00e9l\u00e9brant : \u00ab Car tu es saint, \u00f4 notre Dieu\u2026 \u00bb. Puis la liturgie continue.<\/p>\n<p>Pour la deuxi\u00e8me partie de ma pr\u00e9sentation j\u2019ai \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par le professeur de th\u00e9ologie orthodoxe de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ath\u00e8nes, Athanassiuo Papathanasiou.<\/p>\n<p>La saintet\u00e9 comme une surprise<\/p>\n<p>Introduction<br \/>\nIl y a une \u00e9trange dialectique dans la vie Chr\u00e9tienne. C&rsquo;est la dialectique entre la confiance et la surprise. Faire confiance \u00e0 Dieu et accepter sa Bonne Nouvelle sonne comme la fin d&rsquo;un voyage, comme l&rsquo;arriv\u00e9e, dans le royaume de Dieu. En m\u00eame temps, cette relation avec le Dieu vivant signifie \u00e9galement tout \u00e0 fait le contraire: embarquement pour un voyage vers des terres et des oc\u00e9ans invisibles. Ce n&rsquo;est pas par hasard que chaque fois que le Christ a parl\u00e9 de son Royaume, il a promis des surprises. Donc, le chr\u00e9tien est celui qui reconna\u00eet le Christ comme le Seigneur des surprises. L&rsquo;avenir n&rsquo;est pas un allongement du temps pr\u00e9sent, mais une nouvelle cr\u00e9ation, une v\u00e9ritable transfiguration, c&rsquo;est \u00e0 dire, l&rsquo;\u00e9mergence de ce qui n&rsquo;a jamais exist\u00e9 avant.<br \/>\nLa saintet\u00e9 est l\u2019\u00e9tat existentiel de l&rsquo;\u00eatre humain quand il a vraiment r\u00e9pondu \u00e0 l&rsquo;invitation de Dieu pour un voyage infini et surprenant. Le th\u00e9ologien Orthodoxe roumain, le p\u00e8re Dumitru Staniloae, a bien d\u00e9fini la saintet\u00e9 comme un paradoxe. \u00ab Le Saint Dieu Se r\u00e9v\u00e8le Lui-m\u00eame comme transcendant, comme diff\u00e9rent du monde. La saintet\u00e9 est le myst\u00e8re lumineux et actif de Dieu pr\u00e9sent dans toute Sa transcendance (&#8230;). D&rsquo;o\u00f9 le caract\u00e8re paradoxal de la saintet\u00e9: c&rsquo;est en m\u00eame temps, la transcendance et la r\u00e9v\u00e9lation de soi, ou la communication \u00bb .<br \/>\nCe que le p\u00e8re Staniloae souligne ici, est le fait que le saint devient une th\u00e9ophanie (une manifestation divine). Le myst\u00e8re du Dieu infini est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0 travers la vie de l\u2019\u00eatre limit\u00e9. C\u2019est vraiment \u00e9tonnant! Mais ce n&rsquo;est pas la seule chose surprenante dans la r\u00e9v\u00e9lation de Dieu. On devrait attirer l\u2019attention sur les expressions d\u2019un autre th\u00e9ologien orthodoxe, l\u2019archimandrite, Justin Popovic, un saint r\u00e9cent, canonis\u00e9 en 2010, par l\u2019Eglise Orthodoxe Serbe : \u00ab C&rsquo;est une Bonne Nouvelle, absolument vraie Bonne Nouvelle, ce n\u2019est pas le mien, mais la Bonne Nouvelle des saints de Dieu &#8211; que l&rsquo;\u00eatre humain est un grand myst\u00e8re, un myst\u00e8re sacr\u00e9 de Dieu. Il est si grand et si sacr\u00e9, que Dieu lui-m\u00eame s&rsquo;est fait homme, afin de nous expliquer toute la profondeur du myst\u00e8re humain \u00bb .<br \/>\nQu\u2019est ce que font ces deux r\u00e9f\u00e9rences ? Quel-est la rencontre avec Dieu dans ce voyage de myst\u00e8re en myst\u00e8re, de surprise en surprise! Si Dieu est un myst\u00e8re, sa propre image est un myst\u00e8re! Je vais essayer de d\u00e9velopper ces myst\u00e8res en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 cinq dimensions de saintet\u00e9, cinq surprises:<br \/>\n&#8211; La surprise du voyage;<br \/>\n&#8211; La surprise de la souffrance;<br \/>\n&#8211; La surprise de la cr\u00e9ation du monde nouveau;<br \/>\n&#8211; La surprise de la lib\u00e9ration;<br \/>\n&#8211; La surprise de l&rsquo;anti-superman.<\/p>\n<p>1. La surprise du voyage<\/p>\n<p>Les gens consid\u00e8rent le guerrier Ulysse (Odysseus) comme un voyageur excellent; le voyageur qui s&rsquo;ouvre lui-m\u00eame \u00e0 la rencontre des inconnus . Cependant, si nous faisons attention \u00e0 son histoire, nous pouvons arriver \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente: le c\u0153ur des voyages d&rsquo;Ulysse, sa d\u00e9couverte de nouveaux lieux et son contact avec l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 (avec l\u2019autre) ont provoqu\u00e9 son retour \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 il avait commenc\u00e9 son parcours, c\u2019est-\u00e0-dire dans sa patrie. C&rsquo;est la raison, pour laquelle, P\u00e9n\u00e9lope, sa bien-aim\u00e9e, l\u2019attendit \u00e0 la maison. Ulysse est prisonnier du naturalisme. Il ne peut pas r\u00eaver d&rsquo;un avenir radicalement diff\u00e9rent de ce que l&rsquo;\u00e9volution naturelle peut lui apporter. Le monde dans lequel Ulysse se d\u00e9place demeure \u00e9ternellement dans l\u2019\u00e9tat primordial. Et c&rsquo;est pourquoi son \u00e9pop\u00e9e, l&rsquo;Odyss\u00e9e, culmine dans le triomphe du retour et dans le triomphe des dieux de la tribu.<br \/>\nPourtant, il y a une autre figure qui est humble et insignifiante en comparaison avec le guerrier Ulysse. Une figure qui repr\u00e9sente une conception radicalement diff\u00e9rente du voyage. C&rsquo;est Abraham. Dans son voyage, il n&rsquo;y a pas de perspective de retour. Abraham abandonne sa maison pour toujours. C&rsquo;est pourquoi il se rend avec sa femme Sarah dans un pays inconnu. Abraham s&rsquo;ouvre \u00e0 ce qui n&rsquo;a pas encore exist\u00e9. Il s&rsquo;ouvre lui-m\u00eame \u00e0 l&rsquo;avenir.<br \/>\nDans le cas d&rsquo;Abraham, la rencontre avec l&rsquo;autre ce n&rsquo;est pas seulement une \u00e9tape insignifiante. Mais, c\u2019est le c\u0153ur lui-m\u00eame du voyage. Abraham se d\u00e9place dans le monde de l\u2019autre, et en plus il devient lui-m\u00eame l\u2019autre. Il devient un \u00e9tranger, et accepte Dieu qui lui appara\u00eet \u00e0 un moment tr\u00e8s pr\u00e9cis (particulier), sous le ch\u00eane de Mambr\u00e9, tr\u00e8s bien illustr\u00e9 par Andr\u00e9 Roublev, un moine iconographe, canonis\u00e9 par l\u2019Eglise Russe en 1988 : le moment o\u00f9 il montre sa solidarit\u00e9 avec les \u00e9trangers qui se trouvent dans le besoin. Abraham est orient\u00e9 vers la surprise, et pour cette raison, son histoire ne s&rsquo;arr\u00eate pas avec l&rsquo;histoire de sa famille. C&rsquo;est toujours l&rsquo;histoire du monde et des nations, dont Abraham est devenu le p\u00e8re.<br \/>\nComme cela est bien connu, les chercheurs modernes tels que Emmanuel Levinas ont soulign\u00e9 le voyage d&rsquo;Abraham comme une m\u00e9taphore de l&rsquo;intervention dans le monde de l&rsquo;Autre \u2013 comme un mod\u00e8le pour une v\u00e9ritable ouverture, o\u00f9 le sujet cesse d&rsquo;exister. La saintet\u00e9, comme la bonne volont\u00e9\/la disponibilit\u00e9 de ce voyage, est bas\u00e9e sur le fait que Dieu lui-m\u00eame se d\u00e9place dans le monde de l\u2019Autre.<br \/>\nLa syntaxe biblique ne cesse pas de nous surprendre. Le moment o\u00f9 Dieu se d\u00e9finit lui-m\u00eame comme \u00ab\u00a0celui qui est et qui a \u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, le lecteur s&rsquo;attend \u00e0 entendre que Dieu est aussi \u00ab\u00a0celui qui sera\u00a0\u00bb. Pourtant, le texte biblique dit: \u00ab celui qui est, qui \u00e9tait, et qui vient \u00bb (Ap 1:4)!<br \/>\nLe Chr\u00e9tien est celui qui est en attente, mais cette attente n&rsquo;est pas une inertie. Le chr\u00e9tien en attente est un voyageur qui voyage avec son Dieu, Qui n&rsquo;est pas seulement Celui qui vient, mais aussi Celui qui marche. \u00ab Allez, faites de toutes les nations des disciples\u2026 Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du monde \u00bb (Matt. 28: 19-20).<\/p>\n<p>2. La Surprise de la Souffrance<\/p>\n<p>L\u2019homme saint, souffrant, malade, qui n\u2019est pas encore gu\u00e9ri est une surprise. Comment un ami de Dieu, quelqu&rsquo;un qui gu\u00e9rit souvent d&rsquo;autres, reste faible, malade et meurt dans la souffrance? La souffrance est un scandale pour ceux qui ont \u00e9t\u00e9 charm\u00e9s par l&rsquo;\u00c9vangile et qui pr\u00eache la sant\u00e9, le bien-\u00eatre. La soci\u00e9t\u00e9 contemporaine n\u2019est pas pr\u00eate \u00e0 discerner l\u2019absurde et l\u2019importance de la souffrance ; la souffrance est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme une menace. Alors, les gens d\u00e9tournent (contournent) le myst\u00e8re de la souffrance pour le bien de l&rsquo;amour et donc r\u00e9agissant comme \u00e7a, ils contournent la douleur d&rsquo;une nouvelle naissance; la souffrance d\u2019auto-sortir de notre coquille et l&rsquo;ouverture pour accueillir l\u2019Autre.<br \/>\nCette souffrance est la participation \u00e0 la souffrance du Christ, mais ce n\u2019est pas seulement l\u2019empathie de la souffrance du Christ sur la croix, il y a pr\u00e8s de deux mille ans. C&rsquo;est aussi la participation \u00e0 Sa souffrance, maintenant.<br \/>\nIci, il y a encore un autre paradoxe. Le Christ ressuscit\u00e9 est toujours le Christ souffrant, qui participe \u00e0 la souffrance (la peine) de chaque personne souffrante, tant que l&rsquo;histoire dure. Saint Maxime le Confesseur a soulign\u00e9 cette v\u00e9rit\u00e9  dix si\u00e8cles avant que Blaise Pascal dise que le Christ souffrira jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du monde.<br \/>\nLa souffrance du saint est la vie du saint en relation avec Dieu, bas\u00e9 sur l\u2019amour v\u00e9ritable et elle ne se d\u00e9veloppe pas pour les profits tels que la sant\u00e9, le bien-\u00eatre, etc. Les biens sont bons pour notre vie, mais ils peuvent d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer (se transformer) en idoles s&rsquo;ils sont compris dans le sens de la vie, et ils peuvent se mettre entre nous et Dieu, ou m\u00eame ils peuvent remplacer Dieu. La lib\u00e9ration ultime de ces genres d\u2019idol\u00e2trie en faveur de l&rsquo;amour d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 est repr\u00e9sent\u00e9e par le paradoxe o\u00f9 les saints sont enti\u00e8rement priv\u00e9s (\u00f4t\u00e9s) de ces biens. Nous avons beaucoup d\u2019exemples : Mo\u00efse, qui, finalement, n\u2019entrera pas dans la Terre Promise, Saint-Paul, qui restera non gu\u00e9ri, le starets Pophyrius Bairaktaris (Gr\u00e8ce, 1906-1991), qui mourut dans la souffrance &#8230;<br \/>\nJe me rappelle des paroles du starets Porphyrius:<br \/>\n\u00ab\u00a0Les \u00e2mes qui ont connu la douleur et la souffrance, et qui ont \u00e9t\u00e9 tourment\u00e9es par leurs passions re\u00e7oivent, plus particuli\u00e8rement, l&rsquo;amour et la gr\u00e2ce de Dieu. Il y a des \u00e2mes telles que celles-ci deviennent saintes, et tr\u00e8s souvent nous portons un jugement sur elles. (&#8230;) Nous les voyons comme des faibles, mais quand elles se sont ouvertes \u00e0 Dieu, elles deviennent amour et flamme divine. (&#8230;) C&rsquo;est la fa\u00e7on dont le miracle de Dieu \u0153uvre dans de telles \u00e2mes, que nous consid\u00e9rons comme \u00ab\u00a0perdues\u00a0\u00bb \u00a0\u00bb .<br \/>\nC&rsquo;est la grande surprise de la saintet\u00e9 cach\u00e9e!<\/p>\n<p>3. La Surprise de la Cr\u00e9ation du Monde nouveau<\/p>\n<p>L&rsquo;amour est un mot un peu us\u00e9 aujourd\u2019hui, il est utilis\u00e9 partout assez n\u00e9gligemment, assez mal plac\u00e9 qu\u2019il devient la plupart du temps comme un synonyme de \u00ab\u00a0plaisir\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0pr\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00bb. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;amour tel qu&rsquo;il est enseign\u00e9 dans la parole et dans l&rsquo;action par le Christ, c&rsquo;est \u00e0 dire, l&rsquo;amour sacrificiel, est souvent contourn\u00e9 comme quelque chose d&rsquo;absurde et de d\u00e9raisonnable. L\u2019amour sacrificiel ne provient pas de l&rsquo;ordre naturel. L &lsquo; \u00ab\u00a0harmonie\u00a0\u00bb de l&rsquo;ordre naturel est bas\u00e9 sur la puissance, sur la domination du ce qu\u2019est plus fort. Bien s\u00fbr, ainsi comme les soci\u00e9t\u00e9s humaines grandissent dans la sagesse, elles progressent aussi dans la tol\u00e9rance de l&rsquo;Autre. Mais la tol\u00e9rance n&rsquo;est pas la m\u00eame chose que l&rsquo;amour! Elle peut signifier simplement l\u2019autonomie et ferme l\u2019entit\u00e9 individuelle.<br \/>\nEn dehors de cet accent mit sur la puissance, beaucoup de gens qui ne partagent pas la foi Chr\u00e9tienne acceptent l&rsquo;amour comme la valeur supr\u00eame de la vie. Ici il y a un autre probl\u00e8me qui \u00e9merge. Un saint est une manifestation vivante du fait que, si l&rsquo;amour est vraiment important, il ne peut pas \u00eatre seulement un sentiment ou un des nombreux \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;existence humaine. Si l&rsquo;amour est simplement un sentiment humain, alors il mourra quand l&rsquo;homme meurt, de la m\u00eame mani\u00e8re que les yeux, le c\u0153ur, les pieds, et chaque \u00e9l\u00e9ment constitutif de la mort d&rsquo;une personne. Si nous avons vraiment accept\u00e9 l&rsquo;amour comme le principe de la vie, l&rsquo;amour poss\u00e9de deux choses en m\u00eame temps : personnelle et immortelle. L\u2019amour devrait \u00eatre une communion infinie entre les personnes et aussi avec Dieu, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment avec le Dieu Trinitaire.<br \/>\nL&rsquo;ordre naturel demande des repr\u00e9sailles et de la vengeance. Nous voulons riposter, retourner le coup, et cela semble raisonnable. Mais dans cette direction, le mal (par exemple, la violence) se reproduit et se multiplie. La cha\u00eene fataliste d&rsquo;actes r\u00e9pr\u00e9hensibles\/regrettable peut \u00eatre arr\u00eat\u00e9e seulement par le pardon et la r\u00e9conciliation. Le pardon est une puissance cr\u00e9atrice qui reprend l&rsquo;histoire du d\u00e9but, l\u2019histoire lib\u00e9r\u00e9e des liens du pass\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;exp\u00e9rience s\u00e9culaire de l&rsquo;Eglise, et c&rsquo;est plut\u00f4t impressionnant que cette exp\u00e9rience a attir\u00e9 l&rsquo;attention d&rsquo;un philosophe moderne, Jacques Derrida, qui justement a soulign\u00e9 un des points central : \u00ab Le pardon est la folie, et [&#8230;] doit rester une folie de l&rsquo;impossible [&#8230;]. Mais en m\u00eame temps, c\u2019est la seule chose qui gagne. Quelle surprise, c\u2019est comme une r\u00e9volution, le cours normal de l&rsquo;histoire, de la politique, du droit se restitue \u00bb .<\/p>\n<p>4. La Surprise de la Lib\u00e9ration<\/p>\n<p>Le pardon et la r\u00e9conciliation, cependant, ne sont pas des relations publiques; ils ne sont pas des trucs de la diplomatie. Ils sont, plut\u00f4t, compl\u00e8tement diff\u00e9rents car ils tentent de transformer la vie humaine. Ainsi, la r\u00e9conciliation est indissociablement li\u00e9e \u00e0 la lib\u00e9ration. Si la r\u00e9conciliation est s\u00e9par\u00e9e de la lib\u00e9ration, elle devient un compromis avec l&rsquo;ancien monde et un compromis avec la domination de la mort.<br \/>\nLa saintet\u00e9 transforme (change, am\u00e8ne) notre monde dans une autre r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 tous les niveaux (personnel, spirituel, social) \u2013 ce n\u2019est pas une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9sot\u00e9rique, du type new-age. La saintet\u00e9 est bien loin de l&rsquo;\u00e9thique bourgeoise; elle comporte une critique de l&rsquo;injustice sociale et secoue son statut-quo. Permettez-moi de mentionner quelques exemples: Abba Makarios d&rsquo;Alexandrie a d\u00e9cid\u00e9 de commettre un mensonge, de sorte qu&rsquo;il puisse soigner les incurables, d&rsquo;Alexandrie. Il a pris l&rsquo;argent d&rsquo;une femme riche et avare lui donnant la promesse qu&rsquo;il allait lui acheter des pierres pr\u00e9cieuses \u00e0 un prix bas et insignifiant. Cependant, il a donn\u00e9 l&rsquo;argent pour le traitement des patients. De m\u00eame, Jean le Mis\u00e9ricordieux, le Patriarche d&rsquo;Alexandrie, a d\u00e9clar\u00e9 que ce ne serait pas une faute si quelqu\u2019un trouvait le moyen de priver les riches de leurs v\u00eatements afin de les distribuer aux plus d\u00e9munis\/pauvres. De m\u00eame, le Saint Akakios, l\u2019\u00e9v\u00eaque d&rsquo;Amida, au d\u00e9but du 5\u00e8me si\u00e8cle, a commis un sacril\u00e8ge quand il a vendu les pr\u00e9cieux vases sacr\u00e9s des \u00e9glises, afin de nourrir sept mille soldats persans, prisonniers de guerre, les ennemis de l\u2019empire Byzantin et, donc, antichr\u00e9tiens. Rappelez-vous que les \u201cclerg\u00e9s\u201d qui ont contourn\u00e9s l&rsquo;homme bless\u00e9 dans la parabole du Bon Samaritain, en raison de leur d\u00e9vouement \u00e0 leurs t\u00e2ches liturgiques. Ils ont annul\u00e9 la solidarit\u00e9 pour l&rsquo;amour du ritualisme .<\/p>\n<p>5. La Surprise de l&rsquo;Anti-Superman. Conclusion.<\/p>\n<p>Parfois, nous produisons des r\u00e9cits hagiographiques triomphalistes o\u00f9 les saints apparaissent comme des Super Hommes ou des Super Femmes, c&rsquo;est \u00e0 dire, comme quelqu&rsquo;un au-del\u00e0 de la faiblesse, des ambitions, des doutes et des d\u00e9fauts. Mais si c&rsquo;est le cas, alors le saint ne serait pas la r\u00e9ponse de l&rsquo;homme \u00e0 Dieu; il serait une autre esp\u00e8ce (type), qui dirige son propre chemin. L\u2019approche triomphaliste de la saintet\u00e9 ne peut pas \u00eatre trouv\u00e9 dans les Evangiles et dans la conscience des saints. Le saint est celui qui ne cesse de lutter et est pr\u00eat \u00e0 se repentir. Depuis, qu\u2019il \u00e9prouve Dieu comme une personne vivante, il attend Sa mis\u00e9ricorde et met toute sa confiance dans son amour. Le saint ne remplace pas Dieu vivant avec n&rsquo;importe quel syst\u00e8me de vertus ou de principes. Dans le Nouveau Testament, nous voyons non seulement les d\u00e9faillances (les faibles) des saints disciples du Christ avant la Pentec\u00f4te, mais aussi le d\u00e9bat entre Saint Paul et Saint Pierre. C\u2019est important de remarquer que c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9bat dans l&rsquo;amour et pour la v\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;amour fleurit dans une incroyable vari\u00e9t\u00e9 de dons, des actes et des positions et c\u2019est un d\u00e9fi (un appel) \u00e0 ceux qui s&#8217;empressent \u00e0 commencer leur voyage vers les terres invisibles et les oc\u00e9ans merveilleux de Dieu.<\/p>\n<p><strong>Hi\u00e9romoine Joseph (Pavlinciuc)<\/strong><em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"qtranxs-available-languages-message qtranxs-available-languages-message-fr\">D\u00e9sol\u00e9, cet article est seulement disponible en <a href=\"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/ro\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6694\" class=\"qtranxs-available-language-link qtranxs-available-language-link-ro\" title=\"Rom\u00e2n\u0103\">Rom\u00e2n\u0103<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1,11,10,5],"tags":[],"class_list":["post-6694","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anunturi","category-noutati","category-predici","category-stiri"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2NLBd-1JY","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6694","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6694"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6694\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6700,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6694\/revisions\/6700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6694"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6694"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.ortodoxmd.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6694"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}