Après-fête de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ
Frères et sœurs bien-aimés dans le Christ,
Il y a quelques jours, nous avons célébré la grande fête de la Transfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Sur le mont Thabor, devant Pierre, Jacques et Jean, le visage du Christ resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Les Apôtres contemplèrent, pour un instant, la gloire divine du Christ.
Mais la Transfiguration ne nous révèle pas seulement quelque chose sur le Christ. Elle nous révèle aussi ce à quoi l’homme est appelé : à participer à la lumière de Dieu, à être transfiguré par la grâce et à entrer dans la vie et la gloire du Royaume.
Et c’est précisément pourquoi l’Évangile de ce dimanche est si important.
Un jeune homme s’approche de Jésus et lui demande :
« Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
C’est une belle question. Il ne demande pas comment avoir davantage de succès, davantage d’argent, de pouvoir ou de plaisir. Il demande ce qui conduit à la vie éternelle.
Le Christ lui rappelle alors les commandements. Et le jeune homme répond :
« Tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. Que me manque-t-il encore ? »
C’est ici que commence le véritable drame de cet Évangile.
Ce jeune homme n’est pas un homme mauvais. Au contraire : il est honnête, religieux, fidèle aux commandements. Et pourtant, au fond de son cœur, il sent qu’il lui manque quelque chose.
Alors Jésus lui dit :
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. »
Et l’Évangile nous dit que le jeune homme, après avoir entendu cette parole, s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Remarquons bien ceci : le Christ ne dit pas que la richesse est en elle-même un péché. Le problème est plus profond.
Qu’est-ce qui possède réellement le cœur de l’homme ?
Le jeune homme possédait beaucoup de biens, mais finalement nous découvrons que ce sont ses biens qui le possédaient.
Il désirait la vie éternelle, mais il n’était pas prêt à abandonner ce qui l’empêchait de suivre le Christ.
Et ici, l’Évangile rejoint profondément le mystère de la Transfiguration.
Sur le Thabor, les Apôtres voient la lumière du Christ et entendent la voix du Père :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! »
Mais écouter le Christ signifie plus que contempler sa lumière.
Cela signifie le suivre.
Pierre, Jacques et Jean descendent de la montagne avec Jésus. La lumière du Thabor doit devenir pour eux une force pour le chemin qui les attend : le chemin vers Jérusalem, vers la Croix et, finalement, vers la Résurrection.
Le jeune homme riche, lui aussi, rencontre le Christ. Mais il ne peut pas faire le pas décisif : il ne peut pas le suivre.
Et c’est ici que l’Évangile nous pose à chacun une question très personnelle :
Qu’est-ce qui m’empêche, moi, de suivre le Christ ?
Ce ne sont peut-être pas les richesses.
Cela peut être l’amour de soi, l’orgueil, le besoin d’avoir toujours raison, une ambition, une peur, une habitude, un attachement ou même une certaine image que nous avons de nous-mêmes.
Pour chacun de nous, il existe quelque chose qui peut devenir un « trésor » plus important que Dieu.
C’est pourquoi le Christ ne dit pas simplement : « Observe les commandements. »
Il dit :
« Viens, suis-moi. »
Le christianisme n’est donc pas seulement une morale, ni une liste de règles à respecter.
Le christianisme est avant tout une rencontre et une relation vivante avec le Christ.
On peut faire beaucoup de bonnes choses et pourtant ne pas avoir véritablement donné son cœur à Dieu.
On peut être extérieurement correct et, intérieurement, rester prisonnier de son propre « moi ».
C’est pourquoi la parole du Christ adressée au jeune homme est aussi une parole de libération.
Le Christ veut nous libérer de tout ce qui nous empêche d’aimer véritablement.
Car la perfection chrétienne ne consiste pas à tout posséder.
Elle consiste à ne plus être possédé par rien en dehors de Dieu.
Après avoir entendu les paroles du Christ, les disciples sont bouleversés et demandent :
« Qui donc peut être sauvé ? »
Et Jésus leur répond par une parole essentielle :
« Aux hommes, cela est impossible ; mais à Dieu, tout est possible. »
Cette parole nous conduit directement à l’Épître de ce dimanche.
L’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens l’Évangile qu’il a reçu et dans lequel ils doivent demeurer : le Christ est mort pour nos péchés, il a été enseveli et il est ressuscité.
Notre salut n’est donc pas une performance personnelle.
Nous ne sommes pas sauvés parce que nous aurions réussi à devenir suffisamment bons.
C’est le Christ qui nous sauve.
Mais il nous demande d’ouvrir notre cœur et de le suivre.
Voilà pourquoi, frères et sœurs, après avoir contemplé la lumière du Thabor, nous ne devons pas rester simplement des spectateurs de cette lumière.
Demandons-nous :
Qu’est-ce qui doit changer en moi pour que la lumière du Christ puisse véritablement pénétrer ma vie ?
La Transfiguration n’est pas seulement un événement du passé. Elle nous révèle ce que Dieu veut accomplir en chacun de nous : transfigurer notre vie par sa grâce.
Mais pour cela, nous devons répondre à l’appel du Christ :
« Viens, suis-moi. »
Pour l’un, cette parole signifiera renoncer à une passion.
Pour un autre, pardonner.
Pour un autre encore, apprendre l’humilité.
Pour un autre, retrouver une véritable vie de prière.
Et pour quelqu’un d’autre peut-être, se détacher d’une chose à laquelle il s’est tellement attaché qu’elle est devenue plus importante que Dieu.
Alors nous comprendrons que la parole adressée au jeune homme riche ne concerne pas seulement l’argent.
Elle concerne le cœur.
Quel est mon véritable trésor ?
Où est mon cœur ?
Et surtout :
Qui est véritablement le Seigneur de ma vie ?
Demandons donc au Christ non seulement de nous montrer sa lumière, mais aussi de nous donner la force de marcher dans cette lumière.
Et lorsque nous avons l’impression que cela nous est impossible, souvenons-nous de sa parole :
« Aux hommes, cela est impossible ; mais à Dieu, tout est possible. » Amin.
Hiéromoine Joseph (Pavlinciuc)