La prière, la méditation et la contemplation : leurs associations et leurs différences

Mes chers frères et sœurs, chers pères, d’abord, je voudrais remercier tous les organisateurs de cette conférence. C’est une très importante initiative d’organiser une journée de prière, de méditation et des présentations sur la prière vue par le prisme de l’orthodoxie. Cela est significatif que ce colloque pour sa troisième édition se réalise ici à Taizé. Nous avons commencé notre réunion par la Sainte et Divine Liturgie, ayant la possibilité de prier ensemble et de continuer notre discussion sur la prière en salle de réunion.

Le sujet préparé par moi pour aujourd’hui est « La prière, la méditation et la contemplation ; leurs associations et leurs différences ».

Il y a plusieurs interprétations et définitions des termes « Prière, méditation, contemplation ». Je donnerai l’interprétation de ces termes dans le contexte et la compréhension chrétienne, plutôt dans le contexte orthodoxe.

Après on va parler de la compréhension de la « Prière, méditation, contemplation » chez les saints Pères de l’Eglise Orthodoxe par le prisme de saint Basile de Poiana Marului et saint Païsij de Neamt.

Je commencerai immédiatement avec la définition de méditation, car la définition de prière a été donnée déjà pendant le premier discours, même si nous devrons retourner à la prière encore dans la deuxième partie de cette présentation. Cela, parce que sans prière nous ne pouvons pas comprendre même les termes de méditation et de contemplation.

Le terme méditation (du latin meditatio) désigne une pratique mentale ou spirituelle. Elle consiste souvent en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique ou dogmatique par exemple, dans le but d’en approfondir le sens) ou sur soi (dans le but de pratique méditative afin de réaliser son identité spirituelle). La méditation implique généralement que le pratiquant amène son attention de façon centripète sur un seul point de référence.

Il existe plusieurs conceptions de la méditation dans le christianisme.  Je ne parle pas ici de méditation dans les autres pratiques religieuses : bouddhisme, hindouisme, etc. Chez les moines orthodoxes l’hésychasme ou « prière du cœur » est une prière silencieuse invoquant le nom de Jésus au rythme de la respiration. « 1. Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, 2. ait pitié de moi pécheur ». Dans la première partie de la phrase, on inspire, dans la deuxième, on expire. On trouve que par son rapport au corps, il peut être l’équivalent chrétien de certaines techniques de méditations orientales, mais en même temps, c’est complètement diffèrent et autres, parce que dans la prière et méditation orthodoxe l’attention principale ne se fixe pas sur soi-même, mais sur le sujet qu’on médite, qu’on propose, c’est-à-dire sur la divinité.

Voici les autres formes de médiation : l’oraison silencieuse, les exercices silencieux, la lectio divina, le rosaire, etc[1].

La méditation chrétienne que l’on appelle aussi prière contemplative, est la prière du silence, lieu où le contact direct avec le Christ peut se réaliser, une fois que l’activité incessante du mental s’est arrêtée grâce à un mot de prière répété sans cesse. Elle a été enseignée par plusieurs moines, prêtres et même des laïques. Vous savez que pendant les offices chrétiens, il y a souvent de courtes prières comme « Kirie eleison » ou « Alliluia » ou « Gloire à Toi, Seigneur », ainsi que des phrases des psaumes ou d’autres textes que l’on répète ou chante plusieurs fois. Cela se fait afin que le cerveau avec toute l’attention puisse se plonger dans le sens du texte et de mieux comprendre.

Retournons à la forme de prière méditative. Elle est pratiquée individuellement mais également en petites communautés une fois par semaine dans plusieurs communautés. Par exemple, cela a donné naissance à la Communauté de Taizé et à la Communauté Mondiale pour la Méditation Chrétienne. On devrait souligner que la forme initiale de la méditation est pratiquée presque pendant tous les offices chrétiens et est commune pour toutes les Eglises.

Le mot « contemplation » a quelques définitions : 1. Fait de s’absorber dans l’observation attentive (de quelqu’un ou de quelque choses.). Pour exemple : la contemplation des étoiles ou de tableaux. 2. Concentration de l’esprit sur des sujets intellectuels ou religieux.

La contemplation, comme la prière et la méditation est un moyen d’accéder au divin. Dans

Grégoire Ier dans son homélie XIV sur Ezechiel développe une catéchèse complète sur la contemplation et la vie contemplative. Le verset 4 du 40ème chapitre donne cette possibilité de réfléchir sur ce sujet. « Fils de l’homme, regarde de tes yeux, et écoute de tes oreilles! Applique ton attention à toutes les choses que je te montrerai, car tu as été amené ici afin que je te les montre ». Ce sont les paroles de Dieu adressées au prophète, mais elles sont adressées à tous les fidèles. C’est une invitation à réfléchir, à contempler les choses extérieures et intérieures sur les notions, les événements et la réalité.

Dans la tradition chrétienne, on accepte cette définition de contemplation, mais on ajoute des nuances particulières : 1. La contemplation est une perception de la présence de Dieu qui s’obtient pendant la prière. 2. Une perception visible de Dieu pendant Ses révélations surnaturelles. 3. Les sublimes ou transcendantes réflexions sur Dieu et sa providence divine, réalisable grâce au support de la grâce divine.

 

La passivité et l’activité dans la prière et la contemplation.

Dans la prière on ne peut pas être isolé, mais on devrait accepter une force divine, une grâce qui se donne à l’homme surnaturellement. On parle de la passivité et de l’activité dans la prière. Ce sont des termes techniques mais ils sont aussi des termes qui peuvent donner une explication plus intelligible pour comprendre ce qu’est la prière et la contemplation.

Il est important de souligner une définition faite par Louis Boyer que la contemplation représente un état de prière ou l’âme est « passive » sous la grâce de Dieu qui agit en elle, cependant que la méditation est une prière où l’âme est « active ». Il explique que dans la prière il y a deux parties : premièrement l’effort de l’homme et deuxièmement, la grâce divine ou action de l’Esprit qui réagit dans l’homme.

Plusieurs saints, particulièrement à partir de saint Macaire l’Egyptien, distinguent deux types de prière : l’un est celui des débutants, l’autre celui des spirituels plus avancés. Le premier est une prière laborieuse, un effort ascétique, poursuivi dans une relative obscurité. Le second est le fruit de cet effort, c’est une prière ardente, lumineuse, où l’âme s’épanouit dans un sentiment de plénitude créée en elle par l’Esprit, lequel, lui donne dès à présent les biens de la vie éternelle. On précise qu’à ce stade l’âme vit dans la lumière parce qu’elle est devenue toute lumière elle-même, parce qu’elle s’est laissée pénétrer, sa foi la livrant sans réserve à l’appel divin, par ce qu’elle était appelée à contempler.

Un des grands saints orthodoxes, initiateur du mouvement de l’hésychasme, Grégoire le Sinaïte (XIVème siècle), a développé l’enseignement sur la prière. Il est important de souligner qu’il a laissé assez peu d’écrits, et pas d’exposé doctrinal systématique, ayant surtout impressionné par sa vie et ses exemples. Ce sont ses disciples qui ont continué sa pratique et l’ont expliquées. Dans le commentaire de son livre « Sur le silence intérieur et sur les deux types de prières » Basile de Poiana Marului, un saint de XVIII-ème siècle explique cette pratique dans ses commentaires.

Beaucoup de personnes qui pratiquaient la prière méditative d’habitude n’avaient pas une préparation scientifique ou une connaissance littéraire. Ils n’avaient pas laissé d’œuvres ni d’écritures sur la prière mais ils avaient laissé des exemples et des disciples qui avaient développé leur enseignement et leur mode de vie, ainsi que la technique de la prière. Pour exemple : nous connaissons très peu saint Grégoire le Sinaïte, mais tout le monde connaît son disciple Saint Grégoire le Palama. Voici un autre exemple : saint Basile de Poiana Marului, le père spirituel de Païssij de Neamt est très peu connu dans le monde orthodoxe, mais Païssij est reconnu presque par tous les orthodoxes. Ces deux exemples nous montre que la prière est transmise par exemple personnel et même si on ne connaît pas l’enseignant, on reconnaît ses disciples. L’exemple personnel laisse plus de fruits que les écritures ou les réflexions sur la prière conservés dans les bibliothèques.

Il est nécessaire de comprendre que les pères hysichasts, qui ont ressuscité la vie spirituelle au XVIIIème siècle, ont prêté toute leur attention à la prière intérieure qui est encore appelée la prière du cœur ou la prière de Jésus. Pour commencer la prière, ils ont donné des explications sur la base des Ecritures Saintes, des oeuvres des Saints Pères de l’Eglise et de leur expérience personnelle. Ils distinguent une frontière très claire entre la prière en tant que telle, que nous comprenons comme la prière de l’Église et de la cellule et de la prière intérieure, spirituelle. Le starets Basil enseigne et dit que la prière extérieure (psalmodies, canons, inclinaisons) n’est pas suffisante pour la vie spirituelle et pour une vraie prière. Il enseigna qu’une telle prière n’est pas une prière en elle-même, mais seulement le début de la prière, la prière d’un enfant. Une comparaison entre la prière et le discours est faite. La première étape de la prière est comparée avec le gazouillement ou balbutiement d’un enfant et la deuxième étape le discoures d’un homme mature. Il appelle ses frères et ses lecteurs à monter à un autre niveau de prière, c’est-à-dire à un niveau plus parfait. Quel est-il?

Selon lui la véritable prière commence à l’intérieur après la préparation préalable. Le deuxième état de la prière, on peut le nommer une contemplation spirituelle. Plusieurs fois les saints Pères utilisent le mot contemplation quand ils parlent de la prière en esprit. Il est important de souligner que la prière nous aide à arriver à la contemplation de Dieu et la contemplation dans le sens profane peut aider dans la prière dans le sens chrétien.

Ici on peut donner les explications du psychiatre André Christophe, qui sont parus récemment dans la revue « Pèlerin ». Il témoigne qu’il commence par la méditation pour arriver à la prière.

« Dans la prière, on s’adresse à quelqu’un – Dieu – et il y a une intention : demander, remercier, célébrer… On utilise des mots. Dans la méditation de pleine conscience, il s’agit de se rendre présent à ce qui est là, à soi, à sa respiration, à ses pensées. Autant dire que cela semble se situer à l’opposé : on ne s’adresse à personne, on n’attend rien, on essaye d’être dans ce qu’on éprouve, sans avoir besoin de recourir à des mots. Ces pratiques semblent donc contradictoires.  Pourtant, je pense qu’en réalité, elles sont très complémentaires. Il me semble que notre prière ne peut pas être profonde, juste, monter vers Dieu, si elle n’est pas précédée d’un temps où l’on fait silence, où l’on se libère de ses cogitations »[2].

La pratique hésychaste invite à une prière encore plus profonde et cela est la prière intérieure ou la prière de cœur.

On va parler de la pratique de l’église orthodoxe. Chaque office de vigile commence par un silence complet. Le prêtre avec diacre en silence commence à encenser le sanctuaire. Après l’encensement, on commence l’office. Donc, c’est une invitation de commencer la prière par un silence intérieur et une attention méticuleuse à toutes les pensées et les attaques extérieures.

La discussion autour de la prière et la méditation a duré pendant plusieurs siècles dans l’église chrétienne et elle continue aujourd’hui. Celle-là fut fondamentale pour les Pères de l’Eglise et pour tous ceux qui cherchaient à trouver un équilibre entre la prière extérieure ou la prière officielle et la prière intime, intérieure. Je présenterai un exemple du mouvement spirituel développé au XVIII-ème siècle dans l’orthodoxie. Il s’agit de saints : Basil de Poiana Marului et Paissij de Neamt ou Paissij Velickovski.

 

Saint Paissij Velickovski (1722-1794) et la prière du cœur

Saint Paissij de Neamt, né en Poltava en Ukraine d’aujourd’hui, passa par l’Académie Théologique de Kiev, et pendant toute sa vie chercha à trouver la prière du cœur, mais il n’arriva pas à trouver un starets, pour l’enseignement. Saint Basile de Poiana Marului duquel nous avons parlé plus haut lui donna seulement des indications que la prière peut être apprise aussi par la lecture des saints Pères de l’Eglise.

Par son assiduité et son zèle, il est devenu un des grands saints du XVIIIème siècle. Il a renouvelé la vie spirituelle dans les pays orthodoxes slaves et a eu une influence sur plusieurs générations de moines. Il a rédigé plusieurs ouvrages sur la prière du cœur et sur la méditation. De même, il a donné des règles pour sa communauté, composée de presque sept cent moines, règles qui ont été cristallisées et structurées dans les lettres adressées au métropolite de Moldavie Gabriel (Calimachi) (1760-1786). La première, datant de 1763, est intitulée « La règle de vie cénobitique du monastère Dragomirna », et la deuxième, datant de 1778, « La règle de la vie cénobitique du monastère Secu ». Il s’agit en fait d’un résumé du premier texte.

Un rôle central, dans les règles de Saint Paissij, est bien entendu dévolu à la prière, à laquelle les moines doivent s’adonner jour et nuit. Paissij rédigea ses expériences sur la prière, la contemplation et les enseigna à ses frères. « En cellule, les frères doivent se tenir dans la crainte de Dieu. Selon la tradition des saints Pères, ils doivent préférer à tout exploit ascétique la prière mentale qui réalise en esprit, dans le coeur, l’amour de Dieu et la source des vertus, selon l’enseignement de nombreux pères spirituels »[3]. Les règles de Païssij associent fortement la prière et le travail manuel. Les frères sont invités à travailler avec application et diligence aux différents métiers. « Comme les frères exercent différents métiers pour le bien commun, toute la communauté peut sans encombre suffire à ses propres besoins. Il ne leur est alors pas nécessaire de sortir dans le monde, échappant ainsi au mal spirituel »[4].

Il est important de souligner que le starets Païssij n’avait pas de disciples en terme classique de ce mot, mais il avait des confrères et des collaborateurs. Les règles de Païssij sont adressées à ses frères, les moines, mais ils peuvent également être utile pour tous ceux qui ont envie de vivre selon une règle, une discipline et apprendre la prière du cœur. Les règles donnent la possibilité de s’approcher de quelques repaires et d’avancer dans la vie spirituelle.

Les ouvrages des saints Paissij qui traitent de la prière sont les suivants : 1. La dispute avec le moine Athanase Moldovean, écrit vers 1757, 2 : Six chapitres concernant la prière du cœur (1770) et 3. La base de la prière de l’âme (1793). Du point de vue chronologique, on peut voir que Saint Paissij se préoccupa de la prière pendant toute sa vie.

Saint Paissij fut inspiré dans ses écritures sur les prières d’un grand nombre de saints d’Orient. Il écrivit : « Il existe bien une autre prière que celle que les lèvres seules peuvent dire : celle-la est secrète, invisible, sans voix et elle est adressée à Dieu du plus profond du cœur. Dieu l’accepte comme un sacrifice pur, comme l’arôme d’un parfum spirituel ; elle Le réjouit car Il voit l’intellect tourné vers Lui comme il doit l’être et qui se joint à Lui par la prière »[5]. Pour justifier sa pratique de prière, saint Païssij fut obligé de polémiquer avec ses adversaires qui n’acceptaient pas la prière intérieure ou la prière du coeur. « Je suis pris de  crainte et de tremblement à la pensée de folles accusations. Mais je voudrait encore vous demander ceci : blasphémez-vous contre la sainte prière après avoir vu ou entendu quelqu’un qui l’aurait pratiquée et qui aurait perdu la tête, aurait été affecté par telle ou telle illusion ou serait tombé spirituellement malade ? En auriez-vous conçu que la prière du cœur en est la cause ? Mais non ! La sainte prière du cœur, qui naît de la grâce de Dieu, purifie l’homme de toutes les passions et le rend fort dans le respect des commandements divins. Elle le rend invulnérable aux attaques de l’ennemi et à toute illusion »[6]. Saint Païssij avertit qu’on peut avoir de grave conséquence si on commence la prière du cœur sans un enseignant et sans humilité. Quels sont les conseils du père Païssij ? « Si quelqu’un ose faire l’expérience de la prière du cœur de façon arbitraire, sans l’appui des enseignements des Pères et sans le conseil et l’aide d’un père spirituel, si un tel homme est, de plus, arrogant, passionné et faible dans sa foi, vivant sans être astreint à l’obéissance, peut-être même en ermite solitaire (…) – je déclare que celui-là tomberait vite dans les pièges du démon, source de toutes les illusions »[7]. Plus loin, il donne des exemples du couteau et du glaive qui peuvent être dangereux pour les personnes qui ne sont pas habituées à les utiliser. Il invite à réfléchir logiquement, comparant la prière avec des couteaux et des glaives. « De même, que ni le couteau ni le glaive ne sont coupables du mal qu’ils infligent, de même la sainte prière de l’intellect, qui est le glaive spirituel, est libre de tout reproche »[8]. Saint Païssij explique que la prière est une arme que nous aide dans notre lutte avec les esprits malins.

Le disciple du starets Paissij Velichkovski, Joseph de Neamt, en 1810 a rédigé un typiquon pour la prière du cœur. Dans l’introduction, on avertit que « Personne ne devrait commencer la pratique de la prière du cœur sans la bénédiction du son père spirituel. Si on ose le faire, on pourra perdre sa tête (la raison) et son salut spirituel. Cela peut arriver, car la pratique de la prière du cœur n’est pas de toute une chose insignifiante. Donc, on ne devrait pas plaisanter ni commencer cette pratique de façon négligeable »[9]. Après on donne des explications pratiques pour commencer la prière du cœur. « Au matin, après le son de la clochette, on se réveille immédiatement et on s’installe à sa place habituelle devant l’iconostase de sa cellule, avec des pensées humbles et le cœur brisé ». Le typiquon donne un schéma de phrases qui se prononcent entrecoupées de prosternations : au Seigneur Jésus Christ, à la Mère de Dieu, à la Sainte et Vivifiante Croix, aux saints anges et à tous les saints. Après, on dit les prières initiales et, tout de suite après le Notre Père, on lit les prières du lever, le Psaume 50, le Symbole de la Foi, les tropaires à la Mère de Dieu, à Saint Jean Baptiste. On fait l’apolise (bénédiction finale) et la confession de ses péchés. Après on se souvient de toute sa famille, de ses amis et de ses proches, on fait cinquante prosternations et une des prières venant du son père spirituel.

Ayant accompli cette introduction, on peut commencer la prière du cœur, qui devrait se faire pendant un quart d’heure. Pendant la journée, on recommande de faire 5 fois la pratique de la prière du cœur (1. Au matin ; 2. Après l’office des mâtines ; 3. Pendant la Prothèse, 4. Avant l’office du soir et 5. Après l’office des complies).

Il est intéressant de souligner que l’intercession à la Mère de Dieu ressemble beaucoup à l’Ave Maria dans la tradition catholique. « Très Sainte Mère de Dieu, Souveraine, ait pitié de moi et sauve moi, aide moi maintenant, pendant la vie d’ici bas, à l’heure du départ de mon âme et dans le siècle à venir »[10].

Les moines du monastère de saint Paissij ont pratiqué ce typiquon régulièrement et ont laissé aussi des explications sur le fruit de cette prière. Le résultat de la prière c’est la paix intérieure, l’amour vers ses proches et particulièrement l’amour vers Dieu qui vient d’en haut, entoure l’homme et lui donne la possibilité de grandir dans sa foi.

 

Bien sûr, que cette pratique de prière de cœur et de la contemplation est conseillée pour les moines et les fraternités qui vivent dans les monastères avec un régime d’offices réguliers, mais même ceux qui habitent dans le monde peuvent s’appuyer sur cette pratique. Cela peut paraitre difficile, mais si on commence à organiser sa journée selon un rythme on peut avoir des résultats efficaces. Chacun et chacune devront trouver leur propre chemin pour commencer la pratique de la prière, la pratique de la contemplation. Que Dieu nous aide dans cette réalisation. Merci pour votre attention.

hièromoine Joseph Pavlinciuc

[1] L’oraison silencieuse est la pratique de l’Ordre du Carmel.

Les Exercices spirituels sont un ensemble d’exercices de méditation et de prière développés et mis en forme par Ignace de Loyola. L’expression « Exercices spirituels » est en même temps le titre d’un ouvrage rédigé par Loyola pour l’usage des pratiquants. Il est considéré par certains comme son chef-d’œuvre spirituel.

La lectio divina est une expression latine qui signifie lecture des textes divins, spirituels, ou des Saintes Écritures, et qui représente une méthode de prière et de lecture des Écritures.

L’oraison de simple présence, très pratiquée au xviie siècle dans les milieux marqués par la lecture des mystiques rhéno-flamands est une forme d’assise silencieuse chrétienne dans laquelle la prière se résume à se tenir en présence de Dieu.  Le rosaire est une dévotion pour la méditation des mystères de Jésus et Marie. Selon Jean-Paul II : « Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative

[2] https://www.pelerin.com/A-la-une/Christophe-Andre-La-meditation-enrichit-ma-priere

[3] Les règles de saint Païssij (Véličkovskij). ANRM F. 2119 Inv. 2. D. 22. F. 14-14 (v°).

[4] Ibidem. F. 18.

[5] Michel Aubry. Saint Païssius Vélichkovsky. L’age d’homme. Lausanne, 1992. P. 73.

[6] Ibidem.

[7] Ibidem.

[8] Ibidem. P. 74.

[9] ANRM F. 2119. Inv. 3. D. 35. F. 3 (verso).

[10] Ibidem. F. 3 (verso) – F. 4.

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